Joachim Perez


Résidence au Musée Jenisch (Vevey, Suisse) 




L’homosexualité est un art en soi. À quatorze ans, c’est un art de la transparence, de l’évanescence. À partir de vingt ans, si l’on a la chance de n’être pas trop timide, ça devient un art de la surexposition, ce qui pourrait s’apparenter à une tautologie ; ce ne fut pas mon cas et, cinq ans, plus tard, du coin de mes vingt-cinq automnes, ça l’est encore moins. Plutôt que de sombrer dans les extrêmes, j’ai choisi d’inscrire mes œuvres dans la tension que suscite le voile dans nos sociétés. Et puisque les hommes figurent des femmes nues, j’ai pris le parti de m’approprier un vecteur codifié comme féminin  pour figurer des corps masculins dont la représentation supposée amorale est précisément exacerbée par un dévoilement partiel qui agit comme le miroir de la pruderie ou du désir du regardeur.








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